Histoire de Dun
Le nom de la commune nous vient des Celtes. le
toponyme désignait le sommet d'une colline ou d'une montagne. Dès 1040, Dun est
cité comme l'une des premières places fortes du comté avec Foix, Varilhes et
Castelpendent. Au XIII° siècle, Dun accueille au pied du château une communauté
de "parfaites" cathares, créée par Philippa de Foix, épouse du Comte Raymond
Roger. Depuis 1972, la commune regroupe les quatre villages Dun, le Merviel,
Engraviès et Senesse de Sénabugue et une dizaine de hameaux. Forte aujourd'hui
de plus de 500 habitants, avec une superficie de 40 Km², Dun est l'une des plus
importantes communes rurales du canton de Mirepoix. Dun tend à devenir la
vitrine du dynamisme de la jolie vallée du Douctouyre.
Histoire
d'Engraviès
Ce village serait d'origine
relativement ancienne. Avant 1595, le Roi Henry IV et Olivier de Serres
essayèrent d'implanter, dans la région d'Engraviès et du Languedoc, la culture
du mûrier et l'élevage des vers à soie. A cause de la clémence du climat,
l'esSfli fut abandonné. On voyait encore, en 1920, quelques rares mûriers au
pont des Campels.
Il y avait, à Dun et à Engraviès, des cardayres et des
tisserands qui fabri- quaient, avec les fibres du lin, des draps de lit et des
chemises rudes mais inusables. Mais, la principale production de la ,i'ëgion
était celle du vin. Les Romains enseignèrent aux habitants des pays conquis
l'art de cultiver la vigne. Les coteaux de Dun, d'Engraviès, de Vira et
d'Arvigna (arare vignas), aujourd'hui incultes, improductifs, donnaient
autrefois un vin clairet qui mettait la joie au cœur mais qui ne remplissait pas
les bas de laine. Jusqu'à l'invasion du phylloxéra, le vin se vendait 6 francs
la charge (120 litres), soit 1 sou le litre. Les Espagnols venaient l'a- cheter
à ce prix plus que dérisoire, et l'emportaient dans des outres à dos de mulet.
L'ancienne route qui allait d'Engraviès à Dun était l'actuel chemin de ran- donnée
qui part derrière le cimetière. Cette route allait jusqu'à Gouziaud (au sud de
la commune de Dun) et l'actuelle route n'était alors qu'un chemin.
L'Eglise d'Engraviès
Avant qu'elle ne soit construite, les habitants allaient à l'église de
Saint- Martin d'Engraviès (au hameau de Sainte-Croix d'Engraviès) jusqu'en 1643,
moment où cette ancienne église aurait été détruite. Et, entre 1643 et 1789, la
paroisse d'Engraviès était desservie par les curés de Dun. Puis, lorsque les
paroissiens d'Engraviès décidèrent de construire une nouvelle église, les
habitants de Roussinerge (hameau de Dun), trouvant la montée de Saint-Just trop
pénible et trop longue, souhaitèrent s'allier aux habitants d'Engraviès pour
construire en commun cette nouvelle église. Mais ils ne s'entendirent pas au
sujet de l'emplacement: Engraviès la voulait au village, et Roussinerge à
l'esplanade du château de Rogles. Le conflit menaçant de durer infiniment,
l'Evêque de Pamiers désigna le curé de Dalou comme arbitre. Celui-ci trancha la
question en faveur d'Engraviès. Dépité, Roussinerge reprit le chemin de l'église
de Dun pour les offices religieux, et Engraviès construisit son église à
l'entrée du village.
C'est M. De Roquette, ancien propriétaire du Château de
Rogles, qui a donné de l'argent pour bâtir l'église et ce sont les habitants
d'Engraviès qui ont acheté le terrain. Madame la Comtesse de Montfaucon donna
gratuitement les briques et les tuiles de la tuilerie de La Borde. Elle fit
aussi cadeau d'un dais pour les processions. L'église fut enfin inaugurée en
1789, puis restaurée en 1990.
Elle fut orientée nord-sud et non est-ouest,
comme le veut la coutume, mais on ne put faire autrement à cause de la proximité
du ruisseau du Ternesse. L'église est toute simple, sans pilier, sans transept.
Il n'y a qu'une seule chapelle à droite et la sacristie est derrière l'autel,
dans l'abside.
Tous les clochers romans de l'Ariège se ramènent à deux types:
le clocher à arcade, et le clocher carré. Celui d'Engraviès est à trois
ouvertures, ou percements, deux et un (de bas en haut). Dans l'un est la petite
cloche provenant de l'ancienne église Saint-Martin d'Engraviès, dans l'autre, la
plus grosse qui sonne haut et clair.
Histoire de la maison, lien
étroit avec le château de Rocles

Ce château
est bâti sur une assise élevée et rocheuse, d'où son nom de Rocles, ou Rogles.
On le trouve aussi, parfois, écrit Roglès car, autrefois, on prononçait toutes
les lettres, et on ne disait pas" Rogle " mais" Roglès ". Tout ceci n'est qu'une
simple question de prononciation: du moment que l'on sait de quoi on parle... .
Ce château se situe sur
une petite éminence au sommet de la colline de la Barre (361 mètres d'altitude),
qui a une pente abrupte à l'est. De cette hauteur, le château domine la
confluence de plusieurs vallées (celles du ruisseau du Douctouyre, du Gourds et
du Ternesse). Le bombement sur lequel se situe le château a une forme
quadrangulaire; il ne semble pas naturel.
L'édifice n'apparaît dans les
textes qu'en 1554 lorsqu'il appartient au seigneur de Montfaucon, mais
l'aménagement du site (talus, bombement, terrasses) atteste une Oligine beaucoup
plus ancienne (sans doute médiévale). En effet, il semblerait qu'à l'origine
c'était une tour de guet construite au Xème siècle, dépendant du château de Dun.
Le château aurait ensuite été construit à l'époque post médié- vale, au XVlème
ou XVIIème siècle. Mais, la partie fortfiée du Château de Rogles fut
vraisemblablement démolie en 1632 par ordre de Richelieu, en même temps que le
Château de Roquefixade.
A en juger par ses ruines, il devait être important.
Une haute tour carrée le défendait à l'est et au midi. Dans l'intérieur, et au
pied de la tour carrée, se trou- vaient les "oubliettes" peu redoutables. Elles
se réduisaient, en effet, à un simple cachot où l'on enfermait les réfractaires
aux ordres du Roi concernant la mobilisa- tion et la démobilisation, ainsi que
les fauteurs. Une tour ronde le défendait au nord, deux autres tours rondes
aussi, reliées par des murs épais et étagés, le défendaient à l'ouest. On peut
encore distinguer quelques menus vestiges des murs d'enceinte. La porte d'entrée
était ornée de l'écusson seigneurial que le temps a effrité et rendu
indéchiffrable. Un long couloir conduisait aux cuisines où l'on voit encore une
large et haute cheminée. Un bel escalier en bois de chêne menait aux
appartements et au grand salon où se tenaient les réunions des Consuls (au
nombre de deux) et des notables de la Communauté de Rogles, jusqu'en 1789. Les
fenêtres étaient à meneaux croisés. Elles ne sont pas antérieures au XVème
siècle car ce genre de croisées a été importé d'Italie à la suite des guerres
d'Italie sous Charles VIII, Louis XII et François 1".
La seigneurie de Montegut est une ancienne
dépendance de la Baronnie de Saint Felix, et dépendait donc de la vicomté de
Caraman, elle en fut détachée par l’aliénation qu’en fit Jean de Foix, comte de
Caraman en faveur de noble Geraud Manent, seigneur de Belloc et Issel en 1536.
La seigneurie fut transmise une première fois en 1606, lors du Mariage de
Isabeau de Belissen, fille de Philippe Belissen et de Louise Manent, avec
Gabriel de Montfaucon, coseigneur de Rogles. Puis leur fille Jeanne l’apporta en
dot à Marc Antoine D’Arboussier (famille de bourgeois devenu noble au XVIème
siècle), elle resta dans cette famille jusqu'à la révolution. Elle possédait
toute la justice, pouvait créer des officiers de justice, nommer 4 consuls, et
recevait une albergue de la communauté, et la plus grande partie de la directe.
Quelques Montfaucon-Rogles
Antoinette-Marie de
Montfaucon-Rogles, Arfons, 18 janvier 1728, 3 octobre 1736, † 29 juin 1748.
Françoise-Marie de Montfaucon-Rogles, Belley, 24 mars 1754 (Saint-Laurent), 29
septembre 1764, † 16 mars 1773.
Louise-Marie-Adélaïde de Montfaucon-Rogles,
Versailles, 14 mai 1778 (Notre-Dame), 22 mars 1784, † 1786.
Publication d'un MONTFAUCON DE
ROGLES (1717 - 1760) en 1778. Traité d'équitation par feu M. de Montfaucon de
Rogles, écuyer ordinaire de la petite écurie du Roi, commandant l'équipage de
feu Monseigneur le Dauphin . Paris: Imprimerie Royale.
Branche des Montfaucon de Rogles :
1°/ Jacques de MONTFAUCON, damoiseau, seigneur de
Roquetaillade, épouse le 24 septembre 1480 Isabeau de BRUERES, fille de Jean de
BRUERES, seigneur de Rogles et de VINIEU, et de Noble Brunissendre
MARQUIEZ
-Charles, qui suit.
-Jacques ;
-Louis ;
-François
2°/Charles de MONTFAUCON, seigneur de
Rogles
… épouse le 21 octobre 1526 noble Rose de la BAILLIE fille de Noble Hugues de
la BAILLIE, écuyer, seigneur de Romieu et de Montroi. Il fit le partage avec ses
frères le 15 décembre 1528 et fut lieurtenant-colonel du régiment du Languedoc
le 8 décembre 1525.
3°/ Jean de MONTFAUCON, seigneur de
Rogles,
épousa le 22 décembre 1556 Isabeau de SAINT-JEAN, fille de Noble Antoine de
SAINT-JEAN, seigneur d’Hounoux, écuyer
- Charles, qui suit ;
- Bernard ;
- Jean ;
- Gabriel qui a fait la branche « b » qui suivra.
- Pierre ;
-
Antoine ;
- Isaac et des filles.
4°/ Charles de MONTFAUCON épousa ( ?) du PAC
5°/ François de MONTFAUCON, seigneur de
Rogles,
Angraviers, Sainte-Croix, épousa le 13 novembre 1615 Germaine de Cazalet,
fille de François de Cazalet et de Marguerite LABERT.
- Gabriel qui suit ;
- Jean qui a fait la branche « c » qui suivra ;
- Jeanne qui épousa
Jean-François de MONTFAUCON de Roquetaillade
6°/ Gabriel de MONTFAUCON, seigneur de
Rogles
épousa Marguerite de Voisins, fille d’Oclet de Voisins, seigneur de Pomas.
-
Odet qui suit ;
- Jeanne-Marie de Montfaucon mariée à Gaston-Joseph de
Rochechouard, Comte de Clermont, héritière de tous les biens de la maison. Elle
en fit don à Jean Baptiste de Montfaucon lors de son mariage.
7°/ Odet de MONTFAUCON, épousa Dorthée de
SAINT-JEAN d’Hounoux et mourut sans postérité.
4b°/ Gabriel de MONTFAUCON, seigneur de Senan
épouse Isabeau de Bellissen, fille de Philippe de Bellissen, seigneur de
Montauriol.
5b°/ Pierre de MONTFAUCON, seigneur de Belloc et
d’Argans, maitre d’infanterie, gouverneur de Llérida puis de Piombines, épousa
Claire de GROLLEE, dame d’Hauteville et de Pairieu.
-Anselme, seigneur de
Belloc -François, capitaine au
régiment de Rogles
qui suit ;
-Gabriel, lieutenant-colonel au régiment de Villiers-Cavalerie.
6°/ François de MONTFAUCON, seigneur-baron
d’Hauteville et de Puyriem épousa Ane de PIGNON, native de Chambirgon ( Savoie).
- Pierre-François-Joseph qui suit ;
-Charles Emmanuel qui épousa Anne de
COULIE.
Leurs enfants :
-Antoinette-Marie
-Jean,
page du Roi
-Pierre
7b°/ Pierre-François-Joseph de MONTFAUCON épousa
Jeanne CASSAIGNEAU de SAINT FELIX.
- Gaspard, mort sans postérité.
-
Jeanne
- François
6c°/ Jean de MONTFAUCON, seigneur de
Rogles,
Angraviers, Sainte-Croix épousa le 24 octobre 1690 Marie CUBLAC de BELOT et
de Claire de DELOM
- Jean Baptiste qui suit ;
- Emmanuel qui de son
mariage eut
- Jean, page du Roi
-
Pierre, mort sans postérité.
- Jeanne, née le 20 décembre
1705, épousa en Octobre 1722 Hugues de Foucaud, seigneurs de BLASENS,
7c°/ Jean Baptiste de MONTFAUCON, seigneur de
Rogles … épousa le 12 aout 1733 Antoinette de RAYMOND-LASBORDES.
-
Hugues, capitaine au régiment du Royal-Roussillon, mort sans postérité.
-
Anne-Josépha de MONTFAUCON épousa Louis de ROQUETTE-BUISSON
Le marquis de Roquette-Buisson
prit part aux Assemblées de la noblesse de 1789. Anne-Josèphe de Montfaucon de
Rogles mourut le 15 janvier 1815 à Rogles. Jean-Louis-Joseph de Roquette-Buisson
fut inhumé à Rogles le 28 octobre 1794.

Blason de Rogles
Monsieur
Astre a acheté la maison à M. De Roquette. (M. Astre a eu une fille avec la
fille d'un métayer et l'a reconnue). Comme le château tombait en ruines et
n'était donc plus
habitable, M.
Astre a fait construire la maison et l'ensemble des bâtiments de la métairie qui se trouve en
bas du château, à "La Barre", avec les pierres de celui-ci.
"
Quand M. Astre revenait
au village, tout
le monde allait lui dire bonjour tant il était respecté et tant le village lui
devait
".
La famille Orliac a ensuite
acheté la métairie "La Barre" mais a dû léguer tous ses biens aux œuvres parce
qu'ils n'avaient pas de descendants directs.
Monsieur Chauche l'achètera mais ne
l'habitera pas. Elle restera inoccupée pendant 10 ans. Sabine Varutti et Eric
Pont en seront propriétaires jusqu'à notre arrivée.
Aujourd'hui, c'est un privé qui possède le château.

Vue intérieure du Château de Rocles
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Chapelle Saint- Roch
C'est au pied du château de Rogles que se trouve cette ancienne petite
chapelle restaurée du XVIIème siècle. C'était la chapelle privée du
château de Rogles. Elle a été construite en 1595 et servait de sépulture
aux nobles châtelains jusqu'en 1721. Il Y a donc des tombeaux à
l'intérieur et une des tombes est celle de Mme De Roquette. Les Roquette possédaient le Château et la chapelle. Ils ont vendu le château
mais ont gardé la chapelle. Aujourd'hui, elle appartient à leurs descendants. |
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Légende des Encantados:
"Des fées lavaient le linge au bord de la rivière avec un battoir en
or: Un jour, Simonet, du château de Rogles, vola le battoir. Le soir même,
les fées vinrent en chantant :
"Simonet, Simonet, se aendes pas le baselet, te descurvisi le tét"
(si tu ne rends pas le battoir, on te découvre le toit}". |
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